Le découpage des circonscriptions législatives en Côte d’Ivoire détermine qui représente chaque territoire à l’Assemblée nationale. Entre règles démographiques, choix du gouvernement et spécificités des scrutins uninominal et plurinominal, comprendre ce mécanisme est essentiel pour saisir les enjeux des prochaines élections. Plongez dans un guide clair et concret, illustré par l’exemple de la circonscription de Gagnoa, pour découvrir comment chaque vote compte réellement.
Le rôle de la CEI et du gouvernement dans le découpage des circonscriptions législatives en Côte d’Ivoire ?
Le découpage des circonscriptions législatives ivoiriennes est tout sauf le fruit d’un hasard. La Commission Électorale Indépendante (CEI) élabore des propositions de découpage fondées sur des critères objectifs, en premier lieu la démographie : plus une zone est peuplée, plus elle a vocation à obtenir un nombre important de sièges.
Cependant, ces propositions ne deviennent officielles qu’après validation par décret en Conseil des ministres. Pour le dire simplement, la CEI propose, le gouvernement dispose.
Dans le concret, le découpage électoral repose principalement sur :
la population des localités,
la réalité administrative (communes, sous-préfectures…),
la nécessité d’assurer une représentation équilibrée du territoire.
Ainsi donc, le nombre total de députés peut être révisé. Par le passé, la Côte d’Ivoire comptait 225 sièges. Aujourd’hui, elle en compte 255 pour mieux accompagner la croissance démographique.
Pourquoi parle-t-on de « listes communes » dans certaines circonscriptions uninominales ?
En Côte d’Ivoire, lorsqu’une circonscription n’élit qu’un seul député, on dit qu’elle est uninominale, c’est-à-dire qu’un seul siège est à pourvoir. L’élection se déroule donc selon un scrutin majoritaire uninominal à un tour : le candidat qui obtient le plus de voix est élu. Dans ce cadre, la notion de « liste commune » n’a pas d’effet juridique sur la désignation du député. Cependant, elle reste pertinente sur le plan politique.
Dans une circonscription uninominale, il n’existe pas de liste électorale au sens classique, comme dans les circonscriptions plurinominales où plusieurs sièges sont à pourvoir et plusieurs candidats peuvent être présentés par un même parti. Ici, chaque parti ou groupement politique ne présente qu’un seul candidat, éventuellement accompagné d’un suppléant.
Ce que l’on appelle, par abus de langage, une « liste commune » correspond donc à un candidat soutenu conjointement par plusieurs partis. Il s’agit d’un accord politique : au lieu de présenter chacun leur candidat et risquer de diviser les voix, plusieurs partis s’unissent derrière un seul candidat pour augmenter ses chances de victoire.
Les circonscriptions plurinominales : comment ça fonctionne ?
Contrairement aux circonscriptions uninominales, certaines circonscriptions élisent plusieurs députés. On parle alors de circonscriptions plurinominales : on l’a déjà dit, le nombre de sièges à pourvoir dépend de la population ou de la délimitation électorale.
Dans ce type de circonscription, les partis politiques présentent des listes de candidats, plutôt qu’un candidat unique. Chaque liste peut contenir autant de candidats que de sièges disponibles, et les électeurs votent pour une liste et non pour une personne isolée.
Aussi, faut-il le rappeler, le scrutin se déroule selon un système proportionnel ou semi-proportionnel, ce qui signifie que les sièges sont répartis en fonction du nombre de voix obtenues par chaque liste. Ainsi, même les partis arrivant en deuxième position peuvent obtenir des sièges, à condition d’atteindre un certain seuil de voix. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une « liste commune » dans le cas présent (circonscription plurinominale) est une liste unique regroupant des candidats d’un même parti, de plusieurs partis ou groupements politiques. Contrairement au cas uninominal, cette liste a un impact direct sur le résultat du scrutin : elle permet aux partis participants de cumuler leurs voix et d’obtenir plus facilement des sièges.
C’est le cas, par exemple, dans la circonscription numéro 70 : Gagnoa, commune, où deux candidats d’ADCI – Dorgelès Bohiri et Dagrou Alexis – se présentent conjointement sur la même liste pour les deux sièges disponibles. Grâce à cette stratégie, le parti augmente ses chances de remporter les deux sièges et montre l’efficacité de la coopération politique dans un scrutin plurinominal.
Ainsi, dans les circonscriptions plurinominales, le concept de liste est à la fois juridique et politique : il définit officiellement quels candidats peuvent être élus et traduit les alliances entre partis.